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10 astuces pour corriger efficacement

Nous sommes d’accord : jamais on ne parle de la correction lorsqu’on évoque la réussite d’un écrit. Fatal error !!! La correction est l’un des piliers fondamentaux du texte bien rédigé agréable à lire et efficace – d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un texte professionnel.

Correction. Le mot peut faire peur, voire susciter des réactions épidermiques intenses :

  • On s’en fiche, personne ne verra les fautes ;
  • Pas besoin, je suis bon en orthographe ;
  • Ce que ça doit être chiant à faire, j’abandonne ;
  • J’ai mieux à faire / Je n’ai pas le temps, j’abandonne ;
  • … j’en passe et des meilleures.

L’importance de la correction est vraiment sous-estimée. Et pourtant…
Il est temps de se pencher sur la question.

Pourquoi, même calé, fait-on des fautes ?

  • La première raison est simple. Personne n’est parfait. Tout le monde peut faire une erreur, peut oublier une faute, voir baisser sa concentration, être un peu inattentif.
  • La deuxième raison est logique : lorsqu’on produit un document, on est très impliqué, on est focalisé sur l’objectif à atteindre, sur la vision qu’on en a, sur le travail déjà accompli et sur celui restant à faire. Ce point de vue peut amener tout un chacun à mal s’exprimer ou encore à passer à côté d’une faute grosse comme la Tour Eiffel, juste parce que le focus n’est pas le bon.
  • La troisième raison est liée à la seconde. Lorsqu’on est à ce point impliqué, on oublie parfois que ce n’est pas pour soi qu’on écrit. Il peut arriver que notre cible, ses attentes, sa culture et son vocabulaire tout comme ses exigences passent à la trappe face à toute la motivation et l’impatience de voir enfin le projet achevé.
  • Et enfin, la dernière raison est que la correction professionnelle est un métier et un art. Comme tout métier, elle nécessite un apprentissage et l’application de notions qui ne s’inventent pas. Comme tout art, sa maîtrise demande beaucoup de temps. Et la spécificité de la correction, c’est son exigence extrême, la nécessité de se remettre sans cesse en question et de remettre en question les moindres détails, de porter un regard critique et neuf sur un contenu, d’y appliquer des règles précises. Et oui, la correction ce peut être un savoir-faire ingrat, car tout comme la rédaction qui occupe une grosse charge mentale, elle nécessite rigueur, temps, abnégation et un infini sens du détail.

Le correcteur maîtrise cet art et grâce à lui, vos documents prennent une toute autre dimension. Oui, c’est toujours le même article, le même livre blanc, la même page d’accueil, le même mémoire de fin d’études. Mais après le passage du correcteur, le document devient parfait du point de vue formel. Et ça, même à un œil profane, ça se voit – et ça fait toute la différence.

Pourquoi la correction est-elle une étape indispensable ?

La correction, la vraie, celle dite ortho-typographique, grammaticale et syntaxique (un nom presque aussi simple que le mien), est une étape incontournable pour tous les textes destinés à être lus. La preuve, les éditeurs ont développé un talent immense pour l’utiliser de façon à donner aux textes des plus grands romans tout leur potentiel et pour que vous ayez entre les mains des livres impeccables. Et le pire, c’est que, bien fait, ça ne se voit même pas. On sent, un peu confusément, une harmonie. C’est plaisant à lire. L’œil glisse tout seul.

Par contre, les fautes, elles, se voient. Même lorsqu’on n’est pas un dingue de l’orthographe, il existe au fond de nous-mêmes une sensibilité à ce qui touche à notre langue. Et on sait si quelque chose cloche. Un peu comme sur un design pas tout à fait réussi, ou pour une étagère pas exactement de niveau. L’œil est perturbé. Il souffre en silence.

Pourtant, ce petit quelque chose, ce n’est pas forcément une horrible faute d’accord du participe passé. Ce peut aussi être deux espaces qui se suivent. Un syndrome aigu de majusculite. Des choix typographiques non homogènes.

Un texte qui ne respecte pas l’orthographe, la grammaire et la syntaxe, ça se voit. Une seule faute peut parfois décrédibiliser tout un contenu, même brillant. On ne voit plus que ça. Et pourtant, une faute ça peut arriver à tout le monde. Oui, c’est cruel, mais c’est comme cela que ça marche.

Quant à la typographie, même un œil profane sent le déséquilibre des règles non respectées. On ressent une vague disharmonie, une impression de travail fait à la va-vite, sans forcément pouvoir mettre le doigt dessus. Le contenu respectant les règles en usage à l’Imprimerie Nationale, lui, est parfaitement équilibré et fait plaisir à l’œil. Il donne une image positive. Maîtrise. Professionnalisme. Implication. Sens du détail. Sens de l’équilibre général.

Avez-vous déjà lu un livre qui contenait encore des fautes ? C’est une expérience insoutenable, je vous l’assure, à tel point qu’on ne retient que cela en fermant le livre. Idem pour un flyer contenant une faute : on ne voit plus que ça, et tout le travail de conception est à mettre à la poubelle.

En somme :

  • Un document non corrigé possède un potentiel élevé de fautes de tous ordres, qui plus est proportionnel à sa longueur (quoi que, parfois, un simple titre suffit à créer un désastre) ;
  • Un document non corrigé n’a pas achevé sa maturation, car comme dans tout projet, un document doit passer par différentes étapes incontournables pour être prêt à sortir au grand jour ; en faire l’économie c’est rogner sur la qualité, et ce n’est pas ce que les vrais professionnels veulent !
  • Le correcteur exerce un métier qui ne s’invente pas : donner tout son potentiel à un texte, quel qu’il soit, et il déploie des outils et un regard irremplaçables ;
  • Une chose aussi simple, bête et méchante qu’une faute d’orthographe ou une tournure maladroite peut vous coûter un peu de votre image, de votre crédibilité et, parfois aussi, de la confiance que vous accordent vos prospects et clients. Et ça, si ce n’est pas le nerf de la guerre, j’en perds mon latin.

Pour finir, retenez cela : un professionnel se doit de présenter des documents irréprochables, dont l’exigence d’exécution reflète l’implication et l’exigence dont il fait lui-même preuve dans son travail. Peaufiner ce qu’on présente à son client, non seulement c’est déjà prendre soin de lui, mais c’est aussi prendre soin de son entreprise.

Alors je compte sur vous pour modifier votre regard et considérer ce savoir-faire non seulement comme un élément du cycle de vie d’un document, mais aussi comme un investissement. En visant la qualité dans toutes vos productions, vous obtiendrez la durabilité et la confiance.

Parce que rien n’est plus puissant que le travail d’équipe.

Pourquoi faire appel à un correcteur ?

Mon avis sur la question est que, la plupart du temps, faire l’économie du travail d’un correcteur, c’est se tromper de combat.

Tout d’abord, le correcteur est certes humain comme tout le monde, mais il est aussi un redoutable chasseur d’erreurs. Au fil du temps, il a aiguisé son œil et ses outils pour arriver à ne plus rien laisser passer. Il se forme sans cesse, se questionne tout le temps, recherche toujours des réponses à des questions qui se renouvellent encore et encore. Le correcteur est psychorigide. Il fera tout ce qui est en son pouvoir pour que les règles à suivre soient suivies.

Le correcteur est le regard extérieur dont vous avez besoin pour finaliser votre travail. Et sachez que, même si le correcteur est également le rédacteur de ce travail et qu’il a choisi chacun de ses mots avec soin, que même s’il connaît votre identité, votre produit et vos objectifs, il saura revenir dessus comme s’il les découvrait pour la première fois, et y porter le plus sévère des regards. Oui, le rédacteur est un peu schizophrène.

Et puis, le correcteur sait jouer avec les différents points de vue. Son implication est réelle, mais elle ressemble davantage à celle d’un spécialiste. Il sait quand et comment passer d’un point de vue « ultra zoomé » à un point de vue général, car ce n’est qu’ainsi que l’on peut scanner un document et le purifier de toutes ses faiblesses.

Enfin, le correcteur ne perd jamais de vue sa cible. Je vous l’ai dit, c’est un redoutable chasseur. Au-delà du correct et de l’incorrect, il sait quand une phrase, une expression ou un mot n’est pas adapté, est mal choisi, maladroit ou inapproprié. Il sait remettre tout cela dans le bon ordre en un temps record, tout comme un champion de Rubik’s Cube.

Alors n’hésitez plus : faites passer votre texte entre les mains d’un correcteur professionnel, curieux, rigoureux et psychorigide.C’est pour son bien, et cet investissement ne sera jamais perdu, bien au contraire.

10 astuces pour corriger efficacement un texte si vous n’avez pas de correcteur sous la main

Venons-en maintenant au cœur de cet article.

Il peut parfois arriver que, pour quelque raison que ce soit, l’on ne puisse pas faire appel à un correcteur professionnel.

Dans ce cas, il vous faudra accepter la mission suivante : prendre le temps, coûte que coûte, de vérifier chacun des 10 points de cette liste.

1. Utilisez un traitement de texte : rédigez directement ou copiez-collez votre texte (si possible en texte brut) pour ne pas être déconcentré par la mise en forme. D’abord on traite la matière première, ensuite on s’occupera des ornements. Bon, d’accord, une exception peut être tolérée si vous travaillez sur un logiciel de mise en page et que tout est déjà finalisé. Auquel cas, ATTENTION : vérifiez plutôt deux fois qu’une que les 5 corrections effectuées ne bousillent pas les précieuses heures passées au design graphique.

2. Faites la chasse aux espaces en trop. Utilisez la fonction « Rechercher-Remplacer » pour traquer tous les doubles, triples ou quadruples espaces qui sont une abomination. On ne voit qu’eux et ils n’ont aucune raison d’être. Ces fourbes sont souvent cachés aux endroits où on les attend le moins.

3. Relisez bien les titres et sous-titres. Pour une raison obscure, c’est souvent là que se cachent les fautes les plus énormes et c’est souvent là qu’on les oublie. Malheureusement, c’est aussi là qu’elles sont les plus visibles pour le lecteur. De vrais aimants à honte, à éradiquer à tout prix.

4. Vérifiez les sigles. Ne retenez qu’une seule chose : un parti pris doit être tenu dans la totalité du document. Dans le meilleur des cas, les sigles sont fixés officiellement par les organismes en question (auquel cas, une recherche minutieuse suffit pour repérer la règle). Si vous trouvez des réponses divergentes, choisissez la solution qui vous semble la plus pertinente et appliquez-la partout à l’aide, encore une fois, de la fonction magique « Rechercher-Remplacer ».

5. Traquez les fautes d’orthographe, de grammaire et de conjugaison. Il n’y a aucune honte à aller vérifier dans le dictionnaire et les manuels, d’ailleurs les correcteurs professionnels passent leur temps à le faire. Notre langue est complexe, et elle vaut bien une petite vérification en cas de doute – le doute même très léger doit devenir un signal d’alarme, foncez !

6. Soignez les accords (surtout les accords du participe passé). Voici un point parfois douloureux, qui demandera pourtant un effort spécifique car ces erreurs sont également les plus douloureuses en termes d’image. Armez-vous d’un manuel et de beaucoup de patience, prenez chaque phrase à part et regardez-la droit dans les yeux. Tout doit correspondre. S’il le faut, décomposez la phrase.

7. Détruisez les répétitions qui créent toujours un effet maladroit. Usez et abusez des synonymes ! Et si vraiment la phrase vous résiste, détruisez-la et reconstruisez-la autrement comme vous le feriez d’une tour en Lego (histoire de contourner la difficulté).

8. Soyez attentifs aux listes. Vérifiez bien qu’il y ait une phrase introductive. S’il s’agit d’une énumération, chaque élément doit débuter par une majuscule, tous les éléments sauf le dernier se concluent par un point-virgule ; seul le dernier s’achève par un point. Si par contre, il s’agit d’une succession de phrases, chaque item débute par une majuscule et s’achève par un point.

9. Passez au peigne fin la construction des phrases. Bannissez les phrases à rallonge, faites court. Le but étant d’être lu et compris, construire des phrases de 15 lignes n’est pas une bonne stratégie. Ici aussi vous pouvez prendre chaque phrase à part et vous interroger sur sa longueur. N’hésitez pas à faire usage de la ponctuation lorsque vous ne pouvez pas faire mieux. Et si vous voyez un point-virgule, c’est souvent le signe que vous pouvez effectuer une coupe. Dans le doute, lisez la phrase à voix haute : si vous manquez de souffle, c’est qu’il faut agir !

10. Visez la lisibilité : imaginez votre nièce de 13 ans en train de lire le document. Est-ce qu’elle comprendrait tout ? Si non, peut-être qu’il faudra reprendre le contenu pour qu’il soit plus compréhensible. Le but étant avant tout d’être lu et compris. Supprimez tout le jargon non nécessaire, n’hésitez pas à être précis et pédagogue. Cela s’applique aussi aux contenus techniques ou dédiés aux spécialistes : certes le vocabulaire sera sûrement plus poussé, mais ce n’est pas une raison pour donner à lire à son lecteur un texte aride et inaccessible qui le fera décrocher au bout de quelques lignes.

BONUS

Lisez, beaucoup, souvent. Lisez de tout. Lisez partout. Affûtez votre instinct et votre sens de la langue. Plus vous forgerez votre œil, plus celui-ci vous le rendra au moment de la correction.

Quelques ressources pour mieux corriger

Maintenant, à vous de jouer !

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